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  • Lola Cès

BILLET D'HUMEUR : LE JOUR OÙ LES GENS QUI M'AIMENT SE SONT RENDU COMPTE QUE J'ETAIS GROSSE

Mis à jour : 7 nov. 2018

Depuis que j'ai découvert que j'étais grosse et que je l'ai affiché les réactions pleuvent autour de moi. On me félicite, on me confie un désarroi ou un plaisir à se reconnaître dans ma parole et puis il y a eu les réactions de mon entourage proche et c'est là que je me suis rendue compte à quel point c'était important d'être grosse et à quel point c'était dévalorisant. J'ai compris que les gens qui m'aiment étaient comme moi avant, ils ne savaient pas que j'étais grosse. Ils l'avaient peut être vu quelques minutes au début, et puis plus, j'étais encore une fois une fille pleine d'énergie, une grosse personnalité, une fille particulière, dodue mais pas grosse. Ce qui me fait plaisir dans ce constat c'est de voir à quel point lorsqu'on est persuadé de quelque chose on peut le faire croire à tout son entourage. Et puis il y a eu le choc : leur fille était grosse, leur amie était grosse, leur collègue était grosse, et du coup ils ne se sont pas reconnus dans mes propos et ils n'ont pas compris pourquoi moi qui était si bien dans sa peau j'avais besoin de faire cette démarche. Alors évidemment il ne s'agit pas de tout mon entourage, mais j'ai été surprise de voir à quel point on me félicitait pour la forme de ce que je faisais "ton blog est joli" " c'est bien écrit dis donc! ", mais sur le fond j'avais du mal à entrer dans un dialogue. Alors j'ai creusé, évidemment, et là j'ai compris, j'ai compris que même si leur amour était sincère, et certainement parce que leur amour était sincère ce n'était pas une partie de plaisir pour eux que de savoir que leur amie était grosse, parce que c'est dévalorisant de l'être. Ils se refusaient à mettre un mot qui n'est pas joli, joyeux ou plaisant sur leur amie, alors que pour eux comme pour moi ça n'avait pas d'importance. Mais alors si je le formulais et si je l'affichais alors ça devenait réel, ils étaient obligés de le voir et cette prise de conscience forcée n'a pas été agréable pour eux.

Je les comprends, ça m'a pris 36 ans à moi alors je ne peux pas leur en vouloir mais j'ai été stupéfaite, étonnée et ça m'a renforcé dans l'idée qu'il fallait que je continue, parce que merde il faut que ça change, parce que je refuse l'idée qu'aimer une grosse soit douloureux et qu'être grosse soit douloureux... viens on s'aime ?

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© 2018 by Lola Cès